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Découvrir la vie d’un lycée américain, vivre une expérience hors du commun. Ma fille ainée a toujours rêvé de partir en immersion outre-Atlantique. Début mars, je l’ai déposée à l’aéroport. Je vous raconte ? Let’s go !

Bus jaune aux États-Unis
@ungvar

Ce projet n’avait rien d’une lubie pour ma fille : elle en parle depuis des années. Envie de découverte, besoin de relever de nouveaux défis, les raisons sont nombreuses. Toutes ces années, nous l’écoutions, en pensant que nous avions bien le temps… d’y penser. Le temps, celui-là même qui nous file entre les doigts.

En mai 2019, alors en 3e, elle échange avec une élève de seconde qui revient justement d’un séjour de trois mois aux États-Unis dans le cadre d’un partenariat avec le lycée. Ce retour d’expérience finit de la convaincre. Et nous avec.

J’enclenche le mode avance rapide : nous nous rapprochons du lycée au mois de septembre. Ma fille les relance régulièrement. Ils finissent par nous annoncer, début janvier, que ce programme d’échange ne sera pas renouvelé cette année. La tuile. Ma fille est effondrée, elle voit son rêve s’éloigner. L’année de seconde est la plus propice à cette immersion d’un trimestre : pas d’examens en fin d’année, pas de redoublement à son retour en France.

Dans l’urgence, je me mets à la recherche de solutions alternatives, découvre une multitude d’organismes qui proposent différentes formules, à des tarifs qui varient parfois du simple au double (spoiler : ça coute un bras). Il existe des solutions moins onéreuses (Lions Club, Rotary Club, associations franco-américaines…), mais impossibles à mettre en place dans un délai aussi court.

Nous arrêtons donc notre choix sur le CEI, un organisme proche de chez nous : cette proximité physique, autant que les premiers échanges, nous rassurent. L’autre inconnue : la mise en place d’un tel projet est-elle possible, justement, dans un délai aussi court ? Il ne faut pas perdre de temps, mais l’organisme nous assure que oui. Rendez-vous est donc pris quelques jours plus tard.

Paperasse et autres joyeusetés 

Démarches administratives
@mehaniq

Nous débarquons donc dans les bureaux du CEI dossier scolaire et documents administratifs sous le bras, pour gagner du temps. Ce rendez-vous a pour but de discuter des différentes options qui s’offrent à nous, et à elle. Mais sauf couac, notre décision est déjà prise. Le courant passe bien avec la personne qui nous reçoit, le sentiment de confiance suite aux premiers échanges se confirme : l’aventure est en marche.

Ma fille a profité du week-end pour faire des recherches -poussées- sur les établissements partenaires, en a sélectionné trois qui semblent correspondre à ses attentes : niveau scolaire, activités extra-scolaires et choix de cours proposés. La situation géographique n’a pas d’importance pour elle, l’essentiel est ailleurs. Son projet est réfléchi, elle ne cherche pas (trop) la vision romantique des teen-movie, ni des photos de plage pour nourrir son compte Instagram. Sa maturité nous impressionne, et nous conforte dans l’envie de lui offrir cette expérience.

Habituellement, il n’est pas possible de choisir un établissement en particulier, mais la qualité de son dossier scolaire lui permet d’indiquer son premier choix. Le soulagement se lit sur son visage lorsque la responsable lui annonce qu’elle devrait l’obtenir sans problème. 

It’s on !

Nous ressortons de ce rendez-vous la tête pleine d’informations et, je dois l’admettre, une boule à l’estomac. Ce qui n’était qu’un vague projet devient une réalité : notre fille, qui fêtera ses 15 ans quelques semaines plus tard, va passer trois mois à plusieurs milliers de kilomètres de nous. Dans une famille que nous ne connaissons pas (spoiler : elle est exceptionnelle, et je pèse mes mots). Elle, ne touche plus terre : elle tourne en boucle sur le trajet du retour. Quarante minutes pendant lesquelles elle commence à planifier, imaginer, se projeter : nous l’avions rarement vue dans un tel état d’excitation.

On finit par se détendre. En apparence. Car les délais sont courts, et les démarches nombreuses. Elle, en revanche, a déjà un pied dans l’avion : à peine rentrée, elle monte la grosse valise dans sa chambre, et commence à y entasser des piles de vêtements, à faire des listes de ce qu’elle ne doit pas oublier. J’ai envie de lui lancer un petit « Calme, Mimoun », mais je me retiens. Nous n’avons pas encore de réponse de l’établissement souhaité par notre fille et, même si l’organisme affirme que ce n’est qu’une formalité, nous gardons en tête que rien n’est fait.

Tic. Tac.

Une pile de documents

Le lycée a donné son accord : n°1 partira donc étudier trois mois au lycée Aquinas Institute of Rochester, dans l’état de New-York. La date est fixée : 7 mars 2020. Cinq semaines nous séparent du grand départ.

Le délai est très court pour accomplir toutes les démarches administratives qui nous attendent : demande de visa, dossier complet d’inscription (27 pages) -elle a tenu à compléter elle-même le dossier, et à gérer seule au maximum- dont une lettre de motivation, de présentation de la part de l’enfant et des parents pour la famille d’accueil. Le tout accompagné d’un petit album photo numérique pour présenter son univers, et sa famille. Presque un entretien d’embauche. Sans oublier le dossier médical, le carnet de vaccination… 

Carnet de vaccination… Nouvelle tuile… N°1 n’est pas vaccinée contre l’hépatite B. Or, ce vaccin est obligatoire. Branle-bas de combat, mise en place d’un protocole de vaccination accéléré. Première dose deux jours plus tard. Ça se jouera presque au jour près : elle recevra une deuxième dose trois jours avant son départ. Ouf.

Entretemps, elle doit également passer un entretien de motivation avec une prof d’anglais qui, par un heureux hasard, habite notre commune. Elle s’y rend un peu nerveuse, et en ressort un large sourire aux lèvres. Tout va bien. 

Visa, mon précieux

Visa en poche
@goffkein

La demande de visa nous donne un peu de fil à retordre. Heureusement, nous sommes très bien accompagnés par le CEI, ils sont réactifs, répondent à nos questions presque dans l’heure. Mais l’horloge tourne et les délais affichés par l’ambassade des Etats-Unis ne collent pas avec la date de départ. Nous obtenons un rendez-vous en urgence, le 26 février. Oui oui, le 26 février, pour un départ le 7 mars, et toujours pas de nouvelles concernant la famille qui accueillera notre fille. J’en transpire encore.

Nous voilà donc parties à Paris. L’entretien se fait sans les parents. J’attends donc dans un café proche de l’ambassade ; j’ai à peine le temps d’avaler mon café que ma fille me rejoint déjà. Nous en profitons pour nous promener, faire un détour par la Tour Eiffel, avant de reprendre le train. Puis, nous ouvrons nerveusement la boite aux lettres chaque jour en espérant y trouver le précieux sésame. Nous le recevons finalement le 3 mars. Quatre jours avant le décollage. Journée chargée en émotions puisque nous avons enfin pu organiser un appel vidéo avec la famille d’accueil. Le contact est excellent, la discussion naturelle. Bref, le feeling semble passer de part et d’autre : le soulagement est intense ! 

Derniers achats, check-list validée, valise bourrée. Poids au gramme près. Ma fille est dans les starting-block. Tout est prêt. Sauf nous. Mais avons-nous vraiment le choix ?

Et vous, avez-vous vécu ce genre d’expérience ?

Stay tuned : la suite au prochain épisode.

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