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Après deux mois de cours, son double cursus entamé, Nina est prise de (gros) doutes : comme annoncé, la charge de travail est lourde et son enthousiasme mis à l’épreuve.

Le creux de la vague : Une jeune fille triste

Mi-septembre, oh joie, oh désespoir ! Le facteur, cet oiseau de peu de joie, délivre tel le corbeau une enveloppe pleine de mauvaises nouvelles : les cours du CNED.
D’une voix empreinte de la joie du condamné, Nina m’annonce l’heureuse nouvelle, l’enveloppe toujours bien cachetée devant elle. Je lui conseille de ne pas y toucher avant début octobre : elle a bien assez à faire.

J’aimerais qu’elle prenne le temps de s’imprégner de son nouvel environnement, vous savez, le lycée qu’elle n’a pu fréquenter que quatre jours en mars dernier ? Mais aussi de trouver son rythme avec son emploi du temps chargé, ses entraînements et le début du championnat (ah oui, Nina a intégré l’équipe de tennis du lycée, mais je vous en parlerai plus tard) !
C’était à prévoir : ce double cursus n’est pas aisé, d’autant que son programme est bien chargé côté américain avec plusieurs AP class, le sport…

Et vous avez deviné ? Évidemment, elle n’a pas résisté à la tentation de jeter un coup d’œil. Bien sûr, elle s’est plongée dans les cours aussitôt que maman a eu le dos (enfin, le téléphone) tourné. Évidemment, la charge de travail lui a semblé insurmontable. Panique à bord, rien ne va plus.

Take a breath

J’aurais bien tenté un « Relax, take it easy », il aurait sans doute été reçu par une volée de bois bien méritée. C’est vrai, au fond, comment nier le stress, l’angoisse, même, engendrés par cette masse de travail ?

Je suis admirative de sa détermination, de sa force de volonté, et de son sérieux. Vous le lirez souvent, dans « Ma frenchie américaine ». Je suis admirative, vraiment ! Je le lui dis régulièrement, il me semble important qu’elle sache que c’est extra-ordinaire pour une jeune fille de quinze ans.

Skype après Skype, je me suis efforcée de la rassurer, en l’aidant à organiser son temps de travail et surtout, surtout, de repos. Nina a le défaut de ses qualités : elle est travailleuse, méticuleuse, ambitieuse, et perfectionniste. Elle a donc du mal à s’accorder le droit à l’erreur, culpabilise dès qu’elle n’a pas le nez dans ses bouquins. L’oisiveté est un plaisir qu’elle s’autorise rarement. Et pourtant, ces moments de rien sont tellement importants !

Je m’interroge sur cet aspect de sa personnalité : lui avons-nous, d’une façon ou d’une autre, imposé une pression telle, qu’elle se croit obligée à cette perfection ? Nous lui avons inculqué l’exigence envers elle-même, c’est certain. Mais il me semble que nous avons également, et souvent, insisté sur le fait que la perfection n’existait pas. Et c’est heureux ! Comme je dis toujours à mes filles : la perfection, c’est chiant ! On est d’accord ?

Ma mission du moment : être sa mauvaise conscience. Celle qui lui intime régulièrement de lâcher prise, de fermer ses livres, de sortir faire des choses puériles avec ses amis. De vivre sa vie d’adolescente, quoi ! Outre-Atlantique, nous avons trouvé en ses nouveaux amis, en sa famille d’accueil, d’excellents relais. Si vous saviez comme j’aime découvrir dans ses vidéos les moments de légèreté capturés au hasard d’un couloir, ou d’une soirée !

Chi va piano, va sano

Le creux de la vague : jeune fille qui travaille

Après quelques semaines, j’ai le sentiment que Nina a trouvé une forme d’équilibre. Elle a rendu ses premiers devoirs au CNED, et ses premières notes l’ont rassurée. Elle s’autorise également plus de flexibilité.

Reste le français, qui lui donne plus de fil à retordre. Rien de plus normal, me semble-t-il : le programme de Première est chargé, les méthodes à acquérir nombreuses. Nous lui avons proposé des cours particuliers en visio, en complément, avec un ou une prof de français qui pourrait l’aider à appréhender toutes ces notions nouvelles, une proposition qu’elle a accueillie avec soulagement. D’ailleurs, si vous avez des contacts à me donner, je suis preneuse ! Un ou une prof bienveillant(e), habitué(e) au niveau de Première. Cela lui permettra d’être plus efficace dans son travail, et de gagner en sérénité.

Côté américain, elle ne rencontre pas de difficulté particulière à comprendre les cours. Pour preuve, au premier trimestre, elle a obtenu la meilleure moyenne de l’ensemble des élèves de Junior year de son lycée (équivalent de la classe de 1ère en France) en cours… d’anglais ! Évidemment, certaines notions, dans certaines matières, lui provoquent des nœuds au cerveau, mais elle y aurait eu droit en France, aussi !

High School

En octobre, Nina a passé, comme tous ses camarades, son PSAT, une sorte d’examen blanc du SAT – Scholastic Assessment Test. Elle n’aura son résultat qu’au mois de décembre.

Et là, je vois certains d’entre vous froncer les sourcils. SAT… SAT… Mais de quoi elle parle ? Pour faire court, il s’agit d’un examen standardisé, qu’il est possible de passer plusieurs fois (seul le meilleur résultat compte).

La note obtenue à cet examen tient une place prépondérante dans les dossiers de candidature pour les universités américaines, c’est donc une grosse pression pour les lycéens qui visent les meilleures d’entre elles : 25 % des candidats admis dans les « College » les plus prestigieux ont obtenu un score parfait. Vous trouverez plus d’infos ici ou ici.

Nina ne sait pas encore si elle souhaite poursuivre ses études supérieures aux États-Unis (auquel cas, il lui faudra obtenir une bourse – tousse.tousse.). D’autant plus que si telle est sa volonté, il s’agira d’un choix de vie qui l’engagera à moyen, voire à long terme. Une décision qui ne se prend donc pas à la légère. Mais le luxe, dans la vie, c’est d’avoir le choix, pas vrai ?

Elle envisage donc de déposer des dossiers de candidature dans plusieurs universités US. Notre avis sur la question ? Officiellement : go for it, Nina ! Officieusement : quelques nuits blanches en perspective…

Et au cas où… son inscription pour le Bac français est également validée : elle passera ses épreuves à New York au mois de mai prochain. Enfin, ça, c’est en théorie… #Covid19

Il est où, le rêve américain ?
Le creux de la vague : garder le sourire

J’avoue qu’il y a moins de fun que d’habitude, dans cet article. Il me semblait important de vous montrer tous les aspects de son expérience, y compris les moins joyeux. Une année à l’étranger, c’est aussi des doutes, du stress… Cela ne l’empêche pas de vivre de bons moments par ailleurs, de faire le plein de découvertes, de nouer de belles amitiés !

Dernièrement, elle a eu droit à son lot de bonnes nouvelles, de jolies récompenses et d’opportunités à saisir. Dans un prochain article, je vous parlerai d’ailleurs de NHS, de Sectionals et autres joyeusetés. Hein ? Quoi ? Patience, patience…

Stay tuned : la suite au prochain épisode

6 commentaires

  1. Nina est en effet impressionnante.
    Je lui souhaite tout le meilleur et de se fabriquer, comme elle semble le faire si bien, tous les choix et tous les possibles.
    Bises de Paris confiné mais pas tant que ça en vrai.

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